Le mur

 

        Le mur est un obstacle bien particulier, très "sautant" mais relativement impressionnant. Il demande beaucoup d'impulsion et beaucoup de coeur.

        Sur les parcours de haut niveau, l'emplacement des obstacles et la distance qui les sépare déterminent, plus que leur forme, la difficulté d'une épreuve. Toutefois, la forme et l'apparence des obstacles n'est pas sans importance, tant sur les plans physique et technique que sur le plan psychologique.

        Schématiquement, on divise les obstacles des concours hippiques en deux grandes catégories : les verticaux et les larges. On ne saute pas de la même façon un droit et un oxer, et le cheval ne réagit pas de la même façon devant un vertical très dépouillé et devant un gros oxer avec haie. Les verticaux sont en général considérés comme des obstacles plus techniques, qui demandent un cheval équilibré et respectueux, tandis que les larges nécessitent souvent plus de vitesse et de franchise, car ils posent un problème de couverture. Le mur appartient à la famille des verticaux, bien que sa masse et sa largeur en fassent un obstacle un peu particulier.

        Pour sauter un obstacle large, le cheval prend son appel relativement près et développe son saut en s'étendant au-dessus des barres pour couvrir la largeur. Plus l'obstacle est montant, plus la trajectoire est aisée et plus on peut l'aborder avec une certaine vitesse. En revanche, sur un droit, l'appel se prend plutôt loin afin que le sommet de la trajectoire se situe bien au-dessus de l'obstacle. Toute l'impulsion doit se traduire vers le haut pour permettre au cheval de monter son avant-main dans un mouvement franchement vertical et, ensuite, s'enrouler autour de l'obstacle et passer l'arrière-main.

        On obtient ce type de saut avec un cheval qui se redresse et engage fortement ses postérieurs au moment de l'appel. Cela signifie qu'il faut arriver sur un vertical avec un cheval bien équilibré, cadencé, légèrement tendu, sans vitesse excessive, son poids se rapportant fortement sur les hanches dans les derniers mètres.

        Le mur est un vertical, mais il est un peu plus facile à sauter qu'un endroit ordinaire car, son aspect massif impressionnant le cheval, celui-ci a tendance à se rééquilibrer de lui-même. De plus, cet obstacle étant plus large et plus rond que les autres verticaux et qu'il comporte parfois un côté légèrement montant, il est possible d'arrondir le saut et d'avoir une trajectoire moins verticale. Placé dans une combinaison, le mur freine le cheval, qui raccourcit ses foulées et se redresse. Il faut en tenir compte afin de maintenir une impulsion suffisante pour le reste de la combinaison.

        Une épreuve de puissance est destinée essentiellement à tester le coup du saut du cheval, sa capacité à passer de grands obstacles.

        L'épreuve de puissance est constituée d'un parcours bref, composé de quatre gros obstacles de 1,20 mètres à 1,60 mètres et d'un mur qui peut atteindre 1,80 mètres. Ce type de parcours ne doit comporter ni combinaison, ni rivière, ni fossé, ni aucun obstacle naturel.

        Les concurrents qui exécutent un parcours sans fautes sont départagés par des barrages successifs. La victoire se dispute sur deux obstacles pouvant être élargis et relevés de barrage en barrage. Aujourd'hui, les épreuves de puissance sont rares. On les remplace par l'épreuve des six barres.

        Le mur est très adapté à l'épreuve de puissance car c'est un obstacle sautant, adapté à des trajectoires très élevées, il peut comporter une paroi légèrement inclinée du côté de la battue, ce qui le rend un peu montant et facilite un appel bien placé. De surcroît, le mur est un obstacle stable, peu fragile, qui ne pénalise pas d'une barre les chevaux qui tutoient ou qui frottent : en puissance, la victoire est souvent l'affaire de quelques centimètres.